Pour une ville qui conserve son âme


Depuis quelques années la ville d’Evian s’est transformée. D’une ville à une architecture thermale caractéristique, avec une âme, une ambiance presque champêtre, elle est devenue une ville avec des constructions sans ambition architecturale ni environnementale, avec des projets qui poussent partout sans ligne directrice, sans prise en compte des enjeux environnementaux, sans création de services, sans réflexion sur la voirie, sans repère pour la plupart de ses habitants. Si le patrimoine emblématique a été en partie conservé et protégé, à l’instar du Palais Lumière et de la Buvette Cachat, ses autres richesses, son patrimoine moins visible n’est pas mis en valeur : une tour du 12éme siècle oubliée de la mairie, des gaffes au centre-ville à l’abandon, des quartiers sans aucun service, des constructions nombreuses sans réflexion sur la circulation qui va en découler. L’urbanisme « organise et aménage l’espace urbain, afin d’assurer le bien-être de l’homme, d’améliorer les rapports sociaux et de préserver l’environnement en faisant vivre son patrimoine ». Dommage que cette définition ne soit pas connue de l’équipe actuelle.

Tous les futurs projets d’aménagement de la ville doivent s’inscrire dans la transition écologique pour un développement durable. Viser l’excellence environnementale à travers les labels et certifications (EcoQuartiers, HQETM Aménagement, RFSC…) dans chacun des futurs projets communaux…

  • Mise en concurrence des architectes et/ou promoteurs et aménageurs, à travers des concours et des cahiers des charges exigeants.
  • Encourager et favoriser les nouvelles formes architecturales et les logements alternatifs ainsi que les opérations mixtes, habitat/équipement/activités et services de proximité. 
  • Au-delà de la planification urbaine et de la révision nécessaire du PLU (Plan Local d’Urbanisme), utiliser les bons outils d’aménagement opérationnel tels que la ZAC (Zone d’Aménagement Concerté), aux exigences fortes et qui permet de procéder à une concertation de l’ensemble des acteurs, du début à la fin des projets, d’impliquer entièrement la population dans les décisions et de porter des projets d’envergure, voir multi-sites.

Reconquérir les sols bitumés des aires de stationnement et les transformer en aires de stationnement végétalisées à haute qualité environnementale.

  • Créer des « îlots de fraîcheur » et réaménager les places existantes avec des plantations pour proposer, dès que cela est possible, des zones ombragées en été.
  • Intégrer la gestion de l’eau pluviale dans l’aménagement du réseau de voirie et des espaces publics en proposant une gestion naturelle (noues végétalisées plutôt que tuyaux, bassins de rétention paysagés plutôt que bétonnés), dans le but de ramener la nature en ville et de recréer des corridors de biodiversité.
  • Encourager les habitants à gérer les eaux pluviales à la parcelle, quand cela est possible, pour limiter les raccords aux réseaux d’eau de ruissellement.

Préserver tous les espaces naturels existants et les renforcer en développant une véritable trame verte et bleue (continuité écologique). L’objectif étant de reconquérir les espaces délaissés (pieds d’immeubles, « dents creuses », …), pour les transformer en potentiel végétalisable et en espaces d’échanges et de rencontres accessibles aux habitant.e.s (aires de jeux, jardins potagers, jardins partagés, mini vergers, circuits sportifs). Et si chaque Évianais.e. se retrouvait à moins de 300 m d’un espace vert partagé ?

  • Développer, sur la base de cette trame verte, un circuit sportif et de découvertes en « modes doux et actifs », sans discontinuité : un parcours de santé en pleine ville par exemple.
  • Réaménager les cours d’écoles en proposant des revêtements doux et perméables, et garantir aux écolier.e.s l’accès systématique à des jardins pédagogiques (potagers, vergers …).
  • Faire de ces petits poumons verts des lieux de sensibilisation à la biodiversité et à l’environnement, des lieux de rencontre et de mixité sociale et intergénérationnelle, en encourageant les échanges entre les différents partenaires possibles (maisons de retraite, EHPAD, RAM (Relais Assistantes Maternelles), écoles, associations comme « les incroyables comestibles »,…).
  • Reconquérir les berges du lac et proposer des aménagements de qualité qui mettent en valeur l’eau et la nature (accessibilité aux berges, aménagement de « plages éco citoyennes », développement des pontons et lieux de pêche…).

Mettre en place un Site Patrimonial Remarquable (anciennement Aire de Valorisation de l’Architecture et du Patrimoine ou Zone de Protection du Patrimoine Architectural Urbain et Paysager) véritable outil de gestion, de préservation et de valorisation du patrimoine qui suppléera les règlements du PLU sur le secteur patrimonial concerné.

  • Encourager et aider les propriétaires dans les réhabilitations et les ravalements de façade ; les accompagner par la mise en place d’outils simples tels que les cahiers de prescriptions et de recommandations architecturales.
  • Mettre en valeur les gaffes et autres passages du centre ville ; aider à conserver les façades patrimoniales des commerces et immeubles locaux.
  • Au-delà de la préservation des édifices classés ou identifiés comme remarquables, préserver et mettre en valeur les perspectives paysagères vers le lac, la montagne, car ces perspectives constituent des points de repère visuels importants.
  • Encourager les propriétaires de certains édifices remarquables classés au Monuments Historiques à les mettre à disposition du public en signant des accords et/ou partenariats ; le patrimoine n’est préservé que parce qu’il vit. Prévoir une concertation avec  Evian Resort pour remettre en valeurs et en usage le Théâtre du Casino et la Buvette Prouvé-Novarina.

Faire en sorte que les Évianais.e.s se réapproprient leur(s) Patrimoine(s) et monuments, à travers une programmation d’évènements de proximité (Palais Lumière, Théâtre…), en ouvrant des expositions aux écoles, aux artistes locaux, jeunes et moins jeunes, aux associations.

  • A partir de l’inventaire du patrimoine foncier et immobilier municipal, proposer une transparence dans sa gestion.
  • Faire réaliser des études de capacité pour réinjecter les équipements manquants au sein du parc immobilier municipal existant.
  • Renforcer la veille foncière, pour engager les « dents creuses » et les opportunités d’acquisition, dans une perspective de réhabilitations qualitatives et de renouvellement urbain.

Définir un vrai Plan de Déplacement Urbain à l’échelle de la ville, en lien avec les communes voisines, pour favoriser les transports doux et actifs et la sécurité de tous.

  • Sécuriser les zones « sensibles » telles que les parvis d’école. L’école du Centre est le théâtre quotidien de problèmes majeurs de sécurité (trottoirs très étroits voire inexistants, automobilistes pressés, parfois des camions, « contre » des familles à pieds et avec poussettes). Il est nécessaire de réaménager l’ensemble de l’avenue des Sources de façon à privilégier les espaces dédiés aux piétons et familles avec poussettes et de les protéger de la circulation routière. Cet aménagement aurait dû être pensé en amont des réalisations immobilières de ces quartiers.
  • Développer un véritable réseau de trottoirs, sentiers, chemins et promenades pour les modes doux, sécurisé et sans discontinuité, en prenant en compte TOUS les usagers (promeneurs, familles avec poussette, malvoyants, personnes en fauteuil roulant…).

Initier un véritable accompagnement des citoyens pour la rénovation des logements anciens. Dans le centre, plusieurs bâtiments sont désaffectés et tombent en désuétude, certains sont déclarés « insalubres », d’autres menacent de s’écrouler (mis en péril). Il s’agit non seulement de mettre en sécurité les habitant.e.s, de lutter contre l’habitat insalubre, mais également d’encourager les rénovations énergétiques pour en finir avec les passoires thermiques et de mettre aux normes d’accessibilité les bâtiments qui en ont besoin.

  • Augmenter les objectifs de l’Opération Programmée d’Amélioration de l’Habitat qui sont très insuffisants à l’échelle de la Communauté de Communes, dont on déplore l’opacité de la démarche et des secteurs concernés. Définir un véritable plan opérationnel à l’échelle de la ville avec des zones clairement identifiées, des diagnostics et des objectifs ciblés par secteurs.Cet accompagnement peut se faire à travers l’élaboration d’un cahier de recommandations sur les techniques et la mise en œuvre des rénovations (énergétiques, ravalement de façade, mises en accessibilité) ainsi que sur les diverses aides et financements possibles.
  • Renforcer le partenariat avec des associations type compagnons bâtisseurs et chantiers d’insertion.
  • Une permanence régulière, effective, de conseils d’experts et de professionnels disponibles en mairie. Cela peut se faire en partenariat avec les services spécialisés (ANAH1, ADEME2, CAUE3 Haute-Savoie, CERTU4) ou encore avec des associations de défense du patrimoine et de l’environnement.
  1. ANAH : Agence Nationale de l’Habitat
  2. ADEME : Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie
  3. CAUE : Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement
  4. CERTU : Centre d’études sur les réseaux, les transports et l’urbanisme

Compléter l’offre en logement mais aussi en équipement, en veillant à répondre aux besoins de nos jeunes comme de nos aîné.e.s, car « habiter c’est se loger mais aussi travailler, se rencontrer et se divertir ». Aujourd’hui, de nombreuses opérations de logement sortent de terre (le quartier de la Gare, les Roses, les Tours…) mais peinent à trouver preneurs car trop chères. En même temps les besoins en logements restent toujours d’actualité et les « lits froids » foisonnent… Les opérations sont systématiquement dénuées de programmation à mixité sociale fonctionnelle (programmes souvent exclusivement dédiés aux seuls logements, et de plus excluant les personnes à revenus modestes). Nous devons repenser la manière d’habiter et encourager les opérations mixtes durables.

  • Nouer des accords et mettre en place une charte éthique, concernant la mixité sociale, fonctionnelle et intergénérationnelle, la qualité architecturale et environnementale et la concertation étroite avec la population, les acteurs économiques locaux et les opérateurs de l’immobilier.
  • Renforcer les équipements sportifs existants et compléter l’offre en proposant de nouvelles salles dédiées aux sports et aux loisirs (activités d’intérieur, clubs intergénérationnels de jeux de société, etc…)
  • Veiller à ce que les nouvelles opérations de logements offrent systématiquement :
    • une mixité fonctionnelle : au moins 5 % du bâti dédiée aux équipements et services de proximité (crèche, local d’activité, service de proximité, …),
    • une mixité sociale et intergénérationnelle (au moins 20 % des offres de l’opération abordables aux jeunes, aux familles et retraité.e.s à faible revenu…), 
    • une écriture architecturale et urbaine qualitative qui corresponde à nos exigences en matières environnementales et sociales.
    • au moins 20% de la parcelle dédiée à un espace végétalisé (aire de jeux, jardin partagé, potager et /ou arbres fruitiers…) à concevoir en lien avec la trame verte à l’échelle communale.
  • Lutter contre la vacance des logements et proposer pour les « lits froids » une taxe spécifique.